Vrac mode d’emploi – L’interview de Réseau Vrac !

À l’occasion de la sortie de « Vrac mode d’emploi », Réseau Vrac a accepté de répondre aux questions de l’équipe La Plage. 

Tout d’abord, pourriez-vous nous présenter les personnes qui se cachent derrière Réseau Vrac ?

Derrière Réseau Vrac c’est une équipe opérationnelle composée pour le moment à 100% de femmes. Elle comporte 4 salariées permanentes appuyées par des services civiques, stagiaires et bénévoles.
Il y a tout d’abord Célia Rennesson qui est la co-fondatrice de Réseau Vrac et sa Directrice Générale depuis 2016. C’est elle qui représente l’association et met en oeuvre sa stratégie et son bon fonctionnement.
Lucia Pereira est la Directrice des Affaires Juridiques de Réseau Vrac depuis 2019. C’est elle qui mène les actions de plaidoyer auprès des pouvoirs publics, qui rédige les guides juridiques de la vente en vrac et anime les formations sur la réglementation de la vente en vrac. Son expertise juridique a été précieuse dans la rédaction de “Vrac Mode d’emploi”.
Chloé Liard travaille chez Réseau Vrac en tant que chargée de projets depuis février 2019. Elle a notamment été en charge de la conception et rédaction de “Vrac, Mode d’emploi”.
Enfin, Chloé Sabatte complète le quatuor. Elle rejoint l’équipe en septembre 2019 pour prendre en charge le programme de formations de l’association.
Enfin, Sylvie Droulans aide bénévolement l’association pour développer Réseau Vrac en Belgique et Maryse Noël consultante hygiéniste apporte régulièrement son expertise en plus des formations qu’elle délivre pour l’association. Elle a notamment aidé à la rédaction des parties du livre dédiées au nettoyage des contenants et à la conservation des produits.

Parallèlement à l’équipe opérationnelle, le Conseil d’Administration, composé de dix professionnels du secteur élus par les adhérents, s’occupe de l’orientation de l’association et valide le budget et les comptes de la structure.

  • D’ailleurs, Réseau Vrac, qu’est-ce que c’est, exactement ?

Réseau Vrac c’est une association dont le but ultime est le développement et la démocratisation de la filière vrac en France et dans le monde. Pour se faire, elle réunit les différents acteurs du marché, sur base d’adhésion volontaire. Les fournisseurs de produits ou d’équipements, les distributeurs, et porteurs de projets sont ainsi regroupés au sein de Réseau Vrac. L’association s’est donnée 3 missions principales :

  1. Structurer et professionnaliser le marché du vrac par des actions de plaidoyer pour construire le cadre législatif de la vente en vrac (l’action de Réseau Vrac a par exemple permis de faire entrer une définition du vrac dans la loi en 2020, une première mondiale) et par l’élaboration de formations techniques sur l’hygiène et la réglementation de la vente en vrac.
  2. Accélérer le développement de la filière vrac  en élaborant des outils, des services, des partenariats et des groupes de travail. Réseau Vrac organise par exemple depuis 2018 le Salon du Vrac, premier salon professionnel exclusivement dédié à la vente en vrac permettant de rassembler les acteurs de la filière et de mettre en avant les innovations du secteur. L’association travaille également avec ses adhérents sur des thématiques précises comme la réduction des déchets d’emballages amont afin de réduire ses derniers tout au long de la chaîne de valeur du vrac.
  3. Encourager le passage au vrac avec la création de contenus pour guider les citoyens dans leur démarche vrac, la participation à des événements clés pour aller à la rencontre de tous les publics et l’aide aux villes et aux régions pour les accompagner à développer le vrac dans leurs territoires. C’est dans le cadre de cette mission que l’association publie “Vrac Mode d’Emploi” pour aider chaque consommateur à se lancer ou mieux connaître ce nouveau mode de consommation.
  • Comment avez-vous eu l’idée de vous lancer dans ce projet ?

En 2013, Célia envisage de créer sa propre épicerie vrac mais elle se confronte aux vides réglementaires, à la difficulté de trouver des fournisseurs, et à l’absence de formations spécifiques. 3 ans plus tard, alors que beaucoup d’entrepreneurs, soutenus par Zero Waste France, se questionnent sur la manière d’organiser et de réunir les acteurs du vrac, Célia répond à leur appel et co-fonde Réseau Vrac avec 6 autres professionnels du secteur. Il s’agit de la toute première association interprofessionnelle pour les acteurs du vrac en France et dans le monde.

  • Le vrac, en France, qu’est-ce que ça représente exactement ? Quels sont les chiffres significatifs de ce marché ?

La France est le pays le plus développé en matière de vrac et le marché est en plein boom ! Le nombre de points de vente spécialisés vrac augmente fortement : de 2 épiceries spécialisées vrac en 2013, notre association en recense 460 ouvertes en juillet 2020. Au niveau des enseignes de la bio, 88% sont équipées d’un rayon vrac, chiffre qui tourne autour de 70% pour les hyper et supermarchés. Le marché du vrac représente ainsi 1,2 milliards d’euros aujourd’hui (hors frais), soit un taux de croissance annuel moyen de 50% depuis 2013. Il dépassera les 3 milliards d’euros d’ici deux ans.  La consommation vrac augmente elle aussi sur le territoire : en 2019, 40% des Français déclarent avoir consommé au moins une fois du vrac dans l’année contre 37% en 2018 (Nielsen).

  • En quelques mots, pourquoi acheter du vrac ? Quelles sont les retombées positives de cette manière de consommer ?

Les retombées positives sont nombreuses tant d’un point de vu personnel qu’environnemental. Tandis que chaque Français génère annuellement plus de 50 kg de déchets d’emballages ménagers (ADEME 2018), le vrac apparaît comme une solution pour réduire le gaspillage des ressources grâce à la réutilisation d’emballages (bocaux en verre, sachets en tissus). Le vrac limite également le gaspillage alimentaire en donnant à chacun le choix de la juste quantité de produit désirée. Au delà des considérations écologiques le vrac présente un côté ludique dans le service, il permet de tester plein de produits différents et aussi de moins sortir sa poubelle ! Ce qu’il faut surtout retenir c’est qu’acheter en vrac permet de redevenir maître de ses achats et de sa consommation.

  • Que conseilleriez-vous aux Français qui veulent acheter davantage en vrac, mais hésitent pour plusieurs raisons (où ranger les produits en vrac, comment les doser, comment les conserver…) ? 

La consommation en vrac n’est pas un mode de vie radical mais permet simplement d’acheter les mêmes produits sans emballage ou sans quantités imposées. Cette pratique n’est pas nouvelle et elle est tout à fait naturelle. On retrouve la consommation vrac au marché ou auprès des commerçants de bouche par exemple. Certaines habitudes sont à prendre mais pas de panique ! Vous pourrez toujours demander  aux commerçants de vous conseiller ou aux clients de vous aider en cas de besoin. Alors munissez-vous du contenant (propre) qui vous paraît être le plus simple (un sac en tissu, un bocal ou un sachet papier), pesez le en magasin, servez-vous librement puis payez à la caisse. Notre guide est fait pour ça : consultez-le sans modération et mettez-le entre les mains de ceux  qui hésitent à se lancer !

  • Comment en êtes-vous venus à écrire pour La Plage ? Était-ce, pour vous, une suite logique que de dédier un livre au vrac ?

Oui, ce livre dédié au vrac est une suite logique de notre mission de démocratisation du vrac. Nous avons voulu nous adresser au consommateur pour lui donner envie de sauter le pas et lui faire découvrir le travail de tous les professionnels du secteur vrac. Le livre a été conçu comme un guide permettant de faire découvrir ou d’accompagner la démarche vrac de n’importe quel citoyen intéressé par ce mode de consommation. Il incite à une consultation aussi libre que la philosophie qui entoure le vrac. Le projet a intéressé les éditions La Plage dont les valeurs sont proches de celles de notre association et la collaboration s’est ainsi faite tout naturellement.

  • Pensez-vous que le vrac est un marché d’avenir ? 

Bien sûr ! Le vrac est un marché d’avenir qui prend déjà une place importante dans les modes de consommation des citoyens. Comme toute nouvelle habitude, elle demande un premier intérêt et quelques adaptations mais une fois testée, c’est adopté. Face aux enjeux environnementaux notamment de réduction des déchets et de gaspillage alimentaire le vrac est une réelle alternative d’avenir. On voit que de plus en plus d’enseignes et de marques s’y mettent et le développement doit continuer pour que le vrac soit présent partout, pour tous et pour tous les produits.

  • En 3 mots, vrac rime avec… ? 
  • Liberté des choix d’achat
  • Réponse aux besoins essentiels
  • Impact positif sur l’environnement

La cuisine des lunes : l’interview de Marjorie Malgras

Grâce à son ouvrage La cuisine des lunes, les femmes peuvent enfin accompagner leur cycle menstruel avec une alimentation convenant à chaque besoin selon l’étape du cycle. Marjorie Malgras a accepté de répondre aux questions de La Plage au sujet de ses convictions et de ce qu’elle appelle le « féminin naturel ». Nous l’en remercions !

 

Avant d’être une autrice La Plage, qui êtes-vous ?
Avant d’être autrice, je suis d’abord une femme avec son histoire, ses problèmes et ses joies. Je suis du genre passionné : quand je m’intéresse à un sujet, je le creuse à fond. Mes copines ont rapidement su que je m’intéressais au bien-être féminin, comme la contraception, la flore vaginale ou gérer naturellement les douleurs menstruelles. Je suis alors devenue une sorte de conseillère pour elles, car j’en parlais très librement. Finalement, c’est pour toucher un public encore plus large que j’ai eu envie de créer Moonflow en 2017. Ainsi, je semais des graines pour que les femmes se réapproprient elle-même leur santé, naturellement.

Comment êtes-vous devenue une autrice La Plage ?
J’écrivais des articles pour mon site et les réseaux sociaux à propos du bien-être féminin et, bien sûr, du cycle menstruel. C’est comme ça que Céline, la directrice éditoriale de La Plage, m’a trouvée et que nos deux projets se sont rencontrés pour donner La Cuisine des Lunes.

 

D’où est venue l’idée de votre livre ? Est-ce la maison d’édition qui vous l’a proposé, ou avez-vous vous-même demandé à faire ce livre ?
Alors ça, c’est mon histoire préférée de l’année, car c’est une belle synchronicité !
En développant MoonFlow, j’ai 50 nouvelles idées de choses à proposer chaque jour. Certaines de ces idées sont rapidement évacuées et d’autres aboutissent. Entre deux, il y a des idées que je note sur un tableau blanc pour des projets futurs. Par exemple, je souhaitais proposer des ebooks à la vente sur mon site. J’avais noté plusieurs idées, dont un carnet de recettes par phase du cycle menstruel.
Quand Céline m’a contactée quelques mois plus tard, pour me proposer d’écrire un livre sur l’assiette parfaite pour chaque phase du cycle menstruel, j’avais mon tableau blanc sous les yeux. En fait, elle était en train de me proposer, littéralement, de concrétiser ce projet… mais en mieux ! J’étais super heureuse ! J’ai tellement essayé de garder mon calme au téléphone pour rester professionnelle que je crois qu’elle a douté un instant de ma motivation. C’était drôle !

Quel livre rêveriez-vous de faire ?
J’aimerais beaucoup proposer un livre très pratique pour préparer et accompagner naturellement une grossesse, de la conception jusqu’au fameux « 4ème trimestre ».
Ou peut-être proposer des recettes « anti-fringales », un autre sujet qui me passionne.
Pour vous, qu’est-ce que le « féminin naturel » ?
La notion de « féminin naturel » me vient naturellement en pensant à une vision de la féminité qui englobe tous les aspects de la vie : le corps, l’esprit et l’âme. C’est prendre soin de soi avec bienveillance tout en prenant soin des autres et de son environnement avec respect. Quand je pense « féminin naturel », je pense aux mots puissance et liberté. Je pense à la beauté d’exprimer qui on est, chacune avec nos singularités. Pour moi, c’est aussi ressentir que notre vie s’inscrit dans quelque chose de plus grand, que les cycles féminins s’imbriquent dans d’autres cycles de la nature.

D’ailleurs, comment avez-vous commencé à vous y intéresser ?
Je pense que mes propres blessures d’âme y sont pour quelque chose : je ressentais un besoin de justice. Et puis j’ai moi-même souffert de petits troubles féminins et nerveux pour lesquels la voie classique ne m’était pas d’une grande aide : les médecins proposaient des médicaments qui supprimaient les symptômes sans comprendre ni traiter la cause. Parfois les médicaments devenaient même inefficaces. Donc j’ai commencé à utiliser des produits naturels bruts (huiles végétales, eaux florales et huiles essentielles par exemple), ainsi que des compléments alimentaires. J’ai aussi rencontré un très bon gynécologue qui m’a parlé de la médecine traditionnelle chinoise pour analyser mes symptômes. Et là, je crois que ça a été l’élément déclencheur de ce qui s’est passé ensuite : je voulais militer pour une façon holistique et respectueuse de prendre soin des femmes.

Comment vous est venue l’idée de lier nourriture et cycle menstruel ?
En discutant avec les femmes de mon entourage. Certaines jeûnaient avant leurs règles pour diminuer les douleurs, et cela fonctionnait bien. C’est arrivé en même temps que la rencontre avec le gynécologue qui connaissait la médecine traditionnelle chinoise, et qui m’avait beaucoup parlé de mon système digestif alors que je venais lui parler de mes ovaires.
Finalement, ça a fait sens : les variations hormonales du cycle féminin impactent subtilement d’autres aspects du corps et de l’esprit. Nous n’avons pas toujours envie des mêmes choses à chaque moment, et c’est logique : nos besoins sont différents selon les phases du cycle menstruel. Et quoi de mieux que de comprendre ce cycle pour répondre en conscience à nos besoins ?

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la naturopathie ? Et comment l’appliquez-vous aux femmes en particulier ?
La naturopathie est l’art de prévenir et accompagner naturellement la santé. On travaille sur l’équilibre alimentaire, la qualité du sommeil, l’exercice physique et la gestion du stress.
Mais au lieu de proposer une solution qui convient à la majorité des gens, on va proposer une solution optimale pour l’individu seul, en tenant compte de ses capacités physiques et digestives, de ses habitudes et de ses contraintes.
Parce qu’elles ont un cycle menstruel, les femmes voient leur système immunitaire, leur métabolisme et leur psyché être impactés par les hormones. Ça ne veut pas dire qu’on est hystériques, ni que nous « subissons » nos hormones comme des chiennes en chaleur. Mais simplement qu’en matière de bien-être, nous avons des besoins spécifiques dont il faut tenir compte dans cette démarche d’individualisation.

Qu’estce qu’un cercle de femmes ? Comment y participer ? Y-en-a-t-il partout ?
Un cercle de femmes est un groupe de parole non-mixte, avant tout. Le fait d’être entre femmes permet de libérer la parole de chacune sur des problématiques qui nous sont propres.
On peut rejoindre un cercle « ouvert » : c’est-à-dire un groupe de femmes qui se réunit le temps d’un cercle. Il est facilité par une femme en particulier qui peut proposer des rituels ou activités créatives.
On peut aussi constituer un cercle « fermé » : un groupe de femmes, toujours le même, s’engage à se réunir chaque mois, autour d’une thématique précise ou non.
Les deux types de cercle ont des dynamiques différentes mais je trouve les deux très intéressant ! Finalement, tout dépend du cheminement de chacune et de ce qu’elle choisit de donner et recevoir lors d’un cercle de femmes.
Heureusement, il y a de plus en plus de cercles ouverts en France et l’association Tente Rouge propose même un annuaire : https://tentesrouges.fr/participantes/annuaire/ .