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L’alimentation du yogi : rencontre avec Clémentine Erpicum, auteure de Yogi Food

Clémentine vit en Thaïlande où elle donne des cours de yoga, mais pour faire cette interview, il a fallu aller la débusquer au fin fond des montagnes californiennes où elle voyageait, entre couchsurfing et camping. Elle a pris le temps de répondre à la question qui nous turlupinait : manger « yoga », ça veut dire quoi ?

Pourquoi écrire un livre de recettes « yoga » et pas vegan ou macrobiotiques ?

Parce qu’avec ces recettes, je voudrais que l’on se sente après le repas comme à la fin d’une séance de yoga : serein, léger et bien nourri !
Dans la partie introductive, on découvre des notions de philosophie yogique concernant l’alimentation, mais aussi des astuces du quotidien : que manger avant/après une séance de yoga ? Quelle posture adopter pour manger ? Comment méditer en cuisinant ? Comment le yoga peut nous aider à mieux digérer ? Pourquoi certains yogis ne mangent ni ail ni oignon ?
Chaque recette se veut ensuite l’illustration d’un concept de yoga : on y parle de chakras, d’ayurvéda et bien sûr de postures de yoga.
Et parce que, selon moi, yoga va de pair avec véganisme, ces recettes sont 100 % végétales ; elles sont souvent influencées par les théories ayurvédiques ou macrobiotiques, des philosophies proches du yoga.

Concrètement, l’alimentation « yoga », c’est quoi ?

C’est une alimentation qui favorise un état d’esprit propice à la pratique du yoga. Tout comme il existe différents types de yoga, il n’y a pas vraiment d’alimentation type : l’alimentation yoga, c’est celle qui convient personnellement à chaque yogi. Elle varie selon son tempérament, sa constitution ayurvédique ou encore le type de yoga qu’il ou elle pratique (très dynamique ou plutôt calme).

Quelles sont ses spécificités ?

Il s’agit généralement d’une alimentation qui fait la part belle aux aliments complets, locaux et de saison, aux fruits et légumes frais… Des aliments énergisants, qui se digèrent facilement, qui maintiennent le corps en bonne santé tout en apportant au mental clarté et lucidité. On les appelle les aliments « sattviques », par opposition aux aliments tamasiques (qui provoquent inertie et lourdeur) et rajasiques (stimulants et excitants).

Selon les puristes, il ne faudrait ni réchauffer ni congeler un plat. Pourquoi ?

Selon la philosophie du yoga, les aliments contiennent un potentiel énergétique appelé « prana ». Certains comportements alimentaires, comme le fait de réchauffer des plats cuisinés plus de 24 heures auparavant, pourraient réduire drastiquement ce prana et transformer un aliment sattvique en aliment tamasique. Ainsi, le yogi très pointilleux refusera même de réchauffer un bol de soupe…

N’est-ce pas contraignant, dans notre société occidentale où l’on ne prend plus le temps de rien ?

Les temps changent et le fonctionnement de notre société n’a plus grand-chose en commun avec la vie des yogis d’autrefois. En yoga comme dans la vie, la souplesse est de mise, et il devient nécessaire d’adapter et d’élargir la notion d’alimentation sattvique aux besoins de notre quotidien. Tout est question de bon sens : évitons les plats industriels réchauffés au micro-ondes, mais ne jetons pas pour autant les restes de notre repas de la veille cuisiné avec amour sous prétexte qu’il ont perdu leur prana…

Qu’y a-t-il au menu d’une de vos journées types ?

Je commence généralement la journée par un grand verre d’eau tiède, suivi d’un lait d’or ou d’un chai. Après la séance de yoga matinale, mon petit déjeuner favori du moment est un porridge au lait d’amande et aux myrtilles séchées. À midi, un bol du Bouddha, composé de crudités, de céréales et de légumes de saison. Quelques fruits frais en fin d’après-midi et le soir, une soupe complète, un dhal ou un kitchari.

Un péché mignon pas très « yoga » à nous avouer ?

Oups, j’ai oublié de le mentionner dans ma journée type… des cookies triple chocolat remplacent parfois les fruits de l’après-midi !

Propos recueillis par Clémentine Bougrat

YFOO - Yogi Food- Clémentine Erpicum - webDécouvrez les recettes 100% végétales et yoga de Clémentine Erpicum dans son premier livre, Yogi Food.

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Interview : Laura VeganPower et la photographie culinaire

Fraîchement paru dans toutes les bonnes librairies, Pâtisserie vegan, de la chef pâtissière Bérénice Leconte, doit son visuel léché à Laura VeganPower qui s’est chargée de la photographie, du stylisme culinaire et plus encore. La première, overbookée avec l’ouverture de sa pâtisserie vegan, VG Pâtisserie, boulevard Voltaire à Paris, était injoignable. Mais on a réussi à intercepter la seconde entre deux projets pour lui faire parler de la conception du livre.

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Laura VeganPower… qui se cache derrière ce pseudo de superhéros vegan ?

À vrai dire, j’ai plusieurs casquettes, je suis auteure et photographe culinaire, community manager et je m’occupe du site vg-zone.net… Ah oui, je suis aussi vegan depuis un peu plus de 10 ans maintenant.

Quel parcours t’a amenée à la photographie ?

En fait, je suis autodidacte, la photographie n’est pas du tout ma formation initiale. C’est la passion qui m’a aidée à avancer. Cela a commencé tout simplement avec VG-Zone, site dont je m’occupe de toute l’iconographie. Au gré des rencontres avec des photographes, des conseils et surtout des tutos sur Internet, je me suis autoformée en essayant de trouver mon style.

Ton rôle dans l’élaboration de ce livre s’est-il cantonné à la prise de vue ?

Lorsqu’on fait les photos d’un livre de cuisine, on est obligé de toucher à d’autres disciplines au-delà de la prise de vue, à savoir le stylisme culinaire ainsi que la réalisation des recettes. Sauf bien sûr si l’on travaille avec une grosse équipe où chacun s’occupe de sa partie, mais honnêtement, c’est ce qui fait le charme du métier que de tout réaliser soi-même. Pour ce livre, Bérénice me livrait le matin certains éléments, puis à moi de les shooter ou de finir la recette.

As-tu des anecdotes à ce sujet ?

Le plus épique a été le jour où Bérénice a débarqué avec un four sur le dos afin que nous puissions réaliser les coques de macaron, car mon four à gaz n’était pas du tout adapté. Parfois, il faut savoir sortir la grosse artillerie pour arriver à ses fins !

Photographier des pâtisseries végétales, c’est comme pour des pâtisseries traditionnelles ?

Il n’y a techniquement aucune différence entre un type de pâtisserie ou un autre. Les ingrédients n’influent pas sur la manière de photographier. D’ailleurs, je défie quiconque de pouvoir, au premier coup d’œil, affirmer que les pâtisseries du livre sont végétaliennes !

Quel a été ton parti pris pour les photos de cet ouvrage ?

Pour bien mettre en valeur le travail de Bérénice, j’ai eu envie d’aller vers la sobriété et de travailler sur un concept monochrome sans accessoires afin de ne pas parasiter le regard du lecteur, d’aller droit au but ! L’idée a donc été de travailler sur une surface réfléchissante avec en alternance un fond noir et un fond blanc, la lumière du jour fait le reste (et moi aussi). Cela me semble parfaitement adapté au sujet de la pâtisserie fine. D’habitude, j’adore choisir un stylisme culinaire riche en détails, mais ça faisait déjà un bout de temps que j’avais envie de m’essayer à un style plus épuré pour mettre en scène des recettes. C’était l’occasion rêvée !

Et maintenant, Laura, quels sont tes projets ?

Je travaille habituellement en duo avec mon conjoint Sébastien Kardinal, pour lequel je fais les photos de tous ses livres. Je vais donc m’attaquer à son prochain ouvrage intitulé Ma petite crèmerie vegan. Pour l’heure, nous venons tout juste de sortir Aquafaba aux éditions La Plage, pour lequel j’ai bien évidemment assuré toute la photographie, mais dont je suis aussi coauteure. Je travaille aussi sur un gros projet Web qui je l’espère verra le jour dans peu de temps.

Propos recueillis par Clémentine Bougrat

Pâtisserie vegan - Bérénice Leconte

Aquafaba - Sébastien Kardinal et Laura Veganpower

Découvrez dès à présent Pâtisserie vegan de Bérénice Leconte et Aquafaba de Laura Veganpower et Sébastien Kardinal