Entretien avec Christophe Berg

Christophe Berg est jeune, beau, sportif, et en plus il fait la cuisine. Mais attention, pas n’importe quelle cuisine ! Cru, vegan, bio et local sont les maîtres mots du Grand Livre de la cuisine crue, son nouvel opus qui nous initie aux plaisirs de cette alimentation ultrasaine et créative. Rencontre avec le gendre idéal.

christophe-berg-interview Depuis quand manges-tu cru ? Quel a été l’élément déclencheur ?
J’ai toujours eu une passion pour les fruits et une curiosité pour la cuisine crue. Quand j’ai découvert la cuisine végétale (il y a près de 10 ans maintenant), cela n’a fait que réveiller cette attirance. Le déclic s’est finalement produit il y a 3 ans, lors d’un séjour dans la région de San Francisco. J’y ai pris conscience que la cuisine crue était une spécialité à part entière et que c’était ce que je voulais faire.

Quelles sont les spécificités de la cuisine crue ? Qu’as-tu par exemple dans tes placards ?
Je trouve que les contraintes du cru sont autant de ressorts de la créativité culinaire. Je suis sensible à la beauté naturelle des fruits et légumes, leurs couleurs et leurs parfums. Ma corbeille de fruits est un meuble qui prend la moitié de ma cuisine.

Tu as été parfaire ta formation en cuisine crue aux États-Unis. Pourquoi ce pays ?
Je voulais m’immerger dans un environnement où la cuisine crue existe vraiment. Le Sud de la Californie est un petit paradis avec autant de yogis, coureurs ou surfeurs que de marchés, épiceries bio et cafés ou restos raw vegan. La cuisine végétale y est perçue de façon positive, ensoleillée, fun et sportive. C’est avant tout un style de vie.

Quelle a été ton expérience là-bas ?
Je l’ai vécue pleinement : soleil, sport et cuisine ! J’ai découvert Los Angeles par ses pistes cyclables (environ 40 kilomètres par jour). Les Californiens sont ouverts, j’ai pu facilement multiplier les rencontres de producteurs, cuisiniers ou sportifs. À titre personnel, je pense que le système du compagnonnage est très formateur. J’ai appris en voyageant, en travaillant dans la cuisine et le restaurant d’autres chefs, en découvrant d’autres produits et autant de façons d’appréhender la cuisine crue. J’ai cumulé travail au restaurant ou à la pâtisserie, expérimentations avec d’autres passionnés et exploration des marchés locaux, de restaurants et bars à smoothies, d’épiceries bio.

Aujourd’hui, tu es de retour en Europe. Que fais-tu désormais ?
Je continue à partager ma passion pour un style de vie actif et la cuisine bio au cours d’ateliers, comme chef privé et par l’écriture de livres et des publications dans la presse spécialisée (féminin, santé, sport).

En France, quelle place occupe la cuisine crue ?
On assiste à un regain d’intérêt et à l’émergence de petits projets (ateliers, bistrots ou distribution de produits crus). Même si cela restera toujours un marché de niche bien spécifique, j’espère que cette approche de la cuisine va trouver son public également en France. Après une décennie à l’étranger, je rêve de pouvoir m’installer en France.

Dans l’imaginaire collectif, un vegan, crudivore de surcroît, est pâlot, maigrichon et carencé. Pourtant, tu sembles en bonne santé et tu es un grand sportif, passionné de trail running !
C’est amusant de voir qu’en Californie, l’image opposée est véhiculée par le courant plant strong. Ce sont des sportifs accomplis, persuadés que leur smoothie au kale [chou frisé, NDLR] leur donne des ailes pour aligner les kilomètres. Comme quoi, il faut se méfier des idées préconçues et se laisser surprendre.

Quel est ton secret ?
La curiosité et le plaisir. Tant que cela m’amuse et me passionne, l’énergie est au rendez-vous.

Interview réalisée par Clémentine Bougrat
Le Grand livre de la cuisine crueRetrouvez  le grand livre de la cuisine crue de Christophe berg.