Veggie : l’interview de Clea

À l’occasion de la sortie de la nouvelle édition de Veggie, l’encyclopédie gourmande, Clea a accepté de répondre à quelques questions sur ses livres et sa cuisine. Nous l’en remercions !

Avant d’être une autrice La Plage, qui étiez-vous ?
J’étais déjà pour une bonne partie la personne que je suis maintenant ! J’ai grandi à la montagne et j’ai toujours été proche de la nature, tout en adorant cuisiner et suivre le rythme des produits de saison. J’ai découvert très tôt l’univers des magasins bio spécialisés et je me suis amusée à démocratiser les connaissances sur les produits bio/végé dès 2005, grâce à mon blog www.cleacuisine.fr.

Comment êtes-vous devenue une autrice La Plage ?
Une année après avoir commencé à partager mes recettes sur mon blog, une amie autrice et journaliste culinaire (rencontrée virtuellement grâce à la blogosphère !) m’a conseillé de contacter les éditions La Plage, alors en recherche de nouveaux auteurs. Ce que j’ai fait, et l’on m’a rapidement répondu : ayant vécu plusieurs années au Japon, j’étais la bonne personne pour écrire un livre sur l’agar-agar, ingrédient d’origine japonaise inconnu à l’époque… Ce livre est finalement devenu un best-seller, et j’en ai ensuite écrit près d’une trentaine chez La Plage !

D’où viennent les idées de vos livres ?
Le plus souvent, les thématiques de mes livres m’ont été proposées par la directrice éditoriale des éditions La Plage, une personne très visionnaire et à l’affût des nouvelles tendances. Mais parfois, j’ai eu à cœur de mettre simplement en avant mes ingrédients chouchou (le citron en sucré, le potimarron sous toutes ses formes) ou de défendre un concept (les recettes « canevas » adaptables à l’infini dans « Coaching veggie » par exemple).

Combien de temps faut-il pour faire un livre de cuisine ?
Tout dépend du nombre de recettes et de ma connaissance de la thématique en amont. Entre 3 mois pour un petit livre facile, jusqu’à un an pour un gros livre complexe comme « Tout sans gluten ».

Quel livre rêveriez-vous de faire ?
En quinze ans, beaucoup de choses ont changé. J’ai l’impression que tout ou presque a été publié, parfois en de multiples versions pas forcément utiles ! Un livre doit avant tout, selon moi, proposer un contenu original et pratique, apporter un vrai plus. J’aimerais aujourd’hui aider chacun à prendre conscience de ce dont il dispose au niveau local : producteurs, plantes sauvages, vivaces de nos campagnes…

Quels sont vos conseils pour diminuer les produits d’origine animale ?
Y aller progressivement me semble être la bonne option pour la majorité des personnes. Ne pas chercher à retrouver le goût de la viande dans les produits végétaux, en élisant d’abord des recettes qui ne rappellent pas la viande : toutes sortes de plats de légumes permettent de faire voyager nos papilles en quittant nos référentiels. Puis, remplacer petit à petit la viande de manière simple dans les plats que l’on aime : des lasagnes à la bolognaise de lentilles vertes, des steaks pour burgers à base de betterave et de pois chiches… Cela fait l’unanimité !

Comment vous viennent vos idées de recettes ?
Je suis passionnée de bons produits et de lectures culinaires. Je lis chaque jour des blogs, des articles, j’écoute des émissions, je me renseigne sur la fabrication des produits que je consomme, je rencontre des producteurs… Tout cela crée un joyeux mélange dans ma tête, et me donne des idées rythmées par les saisons. Au printemps, lorsque débarquent la rhubarbe et les fanes de radis, ou en fin d’été lorsque la pleine saison des figues et des potimarrons débute, je suis inarrêtable…

Quelle est votre saison préférée pour cuisiner veggie ?
La cuisine végétarienne, c’est toute l’année à la maison. Elle n’est jamais répétitive : plats tout confort l’hiver (currys, dahls…), ultra verts au début du printemps (cakes et galettes pleins de jeunes feuilles), conviviaux en été (grosses salades, crumbles…), orange lorsque l’automne arrive (fête de la patate douce et du potimarron !)…

Quels sont quelques-uns de vos ingrédients indispensables pour cuisiner ?
J’aimerais recentrer mon alimentation sur des produits plus locaux, mais force est de constater que les oléagineux occupent une grande place dans ma cuisine : purée d’amande, de noisette, de cacahuète, graines de sésame… Cependant, une majeure partie de mon « appro » vient de producteurs locaux et je ne pourrais plus me passer de leur excellente farine de blé bise paysanne broyée à la meule de pierre, ni des excellents produits au lait de brebis produits à simplement quelques kilomètres de chez moi. Pour le reste, j’ai beaucoup recours aux flocons d’avoine (tellement versatiles !) et je ne manque jamais d’épices (cumin, cannelle…). Mais l’essentiel de mes indispensables, ce sont les légumes et les fruits locaux de saison.

Vous avez vécu au Japon et nombre de recettes sur votre blog viennent de là-bas. Qu’est-ce qui vous plaît dans la cuisine japonaise ?
Le Japon en lui-même dégage une sérénité qui m’impressionne autant qu’elle me nourrit. La cuisine japonaise participe à cette ambiance générale : elle nous dit que « tout va bien » ! Elle est bonne pour le corps et l’esprit, très axée sur les microproductions régionales, les variations des saveurs en fonction des saisons et des terroirs. Je suis, comme les Japonais, capable de m’émouvoir si l’on dépose dans mon assiette une plante locale à la saison très courte, cuisinée d’une manière aussi humble que sophistiquée.

 

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