Position assise : installez-vous confortablement, dans une posture stable mais souple, qui permette au corps d’être à la fois éveillé et relâché. Prenez le temps d’ajuster votre posture, peut-être les pieds dans le sol, le bassin un peu plus ancré, les épaules légèrement relâchées vers l’arrière.
Si cela est confortable, fermez doucement les yeux. Avant même de porter attention à la respiration, prenez quelques instants pour simplement ressentir le fait d’être ici : le poids du corps, les points de contact, les sons autour de vous, la température de l’air sur la peau.
Puis portez votre attention vers le souffle, sans chercher à respirer d’une manière particulière, sans approfondir ni ralentir volontairement la respiration. Observez simplement l’air qui entre et l’air qui ressort du corps. Peut-être sentez-vous davantage le mouvement dans les narines, dans la poitrine, ou dans le ventre.
Laissez l’attention se déposer là où la respiration vous semble la plus vivante aujourd’hui. L’automne est une saison qui nous invite à ralentir, à revenir vers quelque chose de plus essentiel. Et parmi toutes les choses qui changent constamment autour de nous, la respiration reste un point d’ancrage qui nous est toujours disponible. Je vous invite à observer son rythme naturel, sans intervenir : certaines respirations sont plus longues, d’autres plus courtes. Certaines plus fluides, d’autres plus retenues. Rien n’a besoin d’être corrigé.
Laissez-vous porter quelques instants par ce mouvement continu. Puis lorsque l’esprit part dans une pensée, un souvenir ou une anticipation (ce qu’il fera probablement), remarquez-le simplement, sans vous juger, et revenez doucement à la respiration. Encore et encore. Observez maintenant ce que le mouvement de l’expiration produit dans le corps. C’est un mouvement naturel de relaxation. Ce peut être un léger relâchement des épaules, une sensation de souplesse dans le ventre, ou une sensation d’espace un peu plus grande.
Puis imaginez que chaque expiration permette au corps de se déposer davantage dans la terre. L’automne nous rappelle que tout n’a pas besoin d’être rempli, que le silence, les pauses, les espaces vides ont aussi leur place.
Restez encore quelques instants avec cette respiration simple, naturelle, qui vous est toujours disponible, puis élargissez progressivement votre attention à l’ensemble du corps, aux sons autour de vous, à l’espace dans lequel vous êtes.
Prenez une inspiration un peu plus profonde. Laissez revenir lentement du mouvement dans les doigts, les épaules, la nuque, et lorsque vous êtes prêt, ouvrez les yeux.
Le souffle n’a pas besoin d’être parfait, il nous invite simplement à prendre contact avec ce qui est là.
Prolongez votre méditation avec un poème d’automne
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à la feuille de cuivre,
L’érable à la feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encor.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.